Diplomatie Parlementaire

Ouverture de la 2ème session ordinaire 2011 de l’Assemblée nationale du Niger, le 6 octobre 2011.

Allocution de Monsieur Guy Nzouba-Ndama, président de l’Assemblée nationale du Gabon.



Monsieur le président,


Honorables députés,


Mesdames et Messieurs,


L’assemblée nationale du Gabon est très honorée de prendre part à la présente cérémonie qui marque l’ouverture de la deuxième session ordinaire 2011 de l’Assemblée nationale du Niger.

A cet effet, il faut souligner que le geste du président Hama Amadou, c’est-à-dire cette invitation qu’il m’a adressée le 21 juillet dernier afin de vivre cet instant important de la vie politique du parlement nigérien, rejoint un autre geste bienveillant manifesté tout récemment à l’égard de l’assemblée nationale du Gabon. Je voudrais parler ainsi du déplacement sur Libreville qu’il a promptement accepté d’entreprendre, le 1er septembre écoulé, pour participer à l’ouverture de notre session budgétaire, en dépit de son emploi du temps qui était spécialement très chargé pendant cette période.

D’autre part, avant même de recevoir l’invitation du palais Léon Mba, le président Hama Amadou avait déjà mandaté son vice-président pour transmettre de vive voix, l’admiration, le respect et tout le crédit qu’il porte au peuple gabonais, à ses institutions en général et à son Assemblée nationale en particulier. Le tout, assorti d’une demande très explicite d’appuyer le Niger dans son processus de retour à l’Etat de droit.

A l’occasion du propos très riche qu’il a prononcé à Libreville, le président Hama Amadou n’a pas manqué de réitérer avec ses propres mots tout le bien qu’il pense du Gabon. A son tour, le peuple gabonais qui vous a écouté et apprécié l’économie de votre allocution, voudrait vous exprimer, par ma voix, le profond respect et la grande admiration qu’il porte également au peuple frère du Niger.

Monsieur le président,

Si la géographie nous a distanciés, l’histoire nous rapproche. Notre socle culturel est le même. Car, il représente bien le produit de nos ancêtres communs. Parmi les traits caractéristiques de cette culture qui nous rapproche, il y a l’hospitalité. En effet, il est acquis que le Niger, tout comme le Gabon, est une terre de générosité. Une terre d’accueil, où l’hospitalité est une règle d’or ; ainsi que votre pays le manifeste avec éclat, ces derniers mois, dans le contexte des crises politiques qui affectent les Etats voisins.

Chers frères,

J’ai parlé de respect et d’admiration réciproque entre nos peuples. A cet effet, si le peuple nigérien peut féliciter le Gabon, à l’occasion de la transition que nous avons vécue en 2009, parce que nous avions traversé avec plus ou moins bonne fortune cette épreuve, et parce que le peuple gabonais a su affirmer au cours de celle-ci son ancrage résolu dans les idéaux de paix et de démocratie, les gabonaises et les gabonais voudraient également admirer et féliciter le Niger pour la maturité et la sagacité avec laquelle il vient de gérer la même épreuve.

L’histoire, contrairement à toutes les craintes qu’on pouvait avoir, s’est écrite suivant le bon sens. Votre vouloir vivre ensemble, l’amour de la patrie et votre désir collectif d’avancer vers des lendemains meilleurs ont fini par vaincre tous les démons qui auraient pu comme d’habitude faire sombrer un pays africain, un de plus, un de trop dans le cercle vicieux de la violence et de la misère. C’est à juste titre que, parlant du Niger et des a transition, l’actuel secrétaire général de la francophonie, M. Abdou Diouf pouvait affirmer lors de la 80ème session de cet organisme, réunie le 17 mars 2010 à Paris, je cite : «  Cette transition restera, dans l’histoire, une référence pour l’Afrique et la francophonie ». Fin de citation.

Monsieur le président,

Je constate avec bonheur que ce sont des femmes et des hommes d’expériences et de grande qualité comme vous-même qui êtes désormais les garants de tous les acquis issus de cette transition.

Votre expérience de premier ministre, avais-je souligné lors de votre passage à Libreville, constitue de fait un atout que vous devez vous employer à faire profiter aux parlementaires nigériens et même au-delà ; pour rayonnement de votre Assemblée, pour le rayonnement du Niger. Surtout pour le mieux-être des nigériennes et  le nigériens qui vous font mandataires.

A égard, le parlement gabonais sera toujours au côté du parlement Nigérien pour l’accompagner et l’appuyer dans l’installation de la démocratie nouvelle.

Nous sommes surtout prêts à accueillir des parlementaires nigériens en vue d’échanger dans tous les domaines. D’autant plus que sur plusieurs aspects nous aussi, n’avons pas fini d’apprendre. Car, dans le projet de modernisation de nos Etats, nous devons rester conscient du fait que la construction de la démocratie, de l’Etat de droit ainsi que la mise en place de tous les instruments qui sous-tendent la bonne gouvernance demeurent un travail de longue haleine, et d’éveil constant.

Aussi, je me plais souvent à penser  que nos parlements doivent être ce lieu d’éveil par excellence.

A cette fin utile, l’échange d’expériences entre les parlementaires africains me semble très important. Afin que dans notre rôle qui consiste à fabriquer la loi, en vertu de moderniser nos Etats, les difficultés des uns améliorent les visions normatives des autres.

C’est ici, le premier sens que je donnerais à la coopération parlementaire Gabon/Niger et à l’intensification de cette coopération que vous appeliez de tous vos vœux, lors de votre passage au Gabon.

D’autre part, il semble utile que la diplomatie parlementaire dans notre continent parvienne enfin à rejoindre l’intégration africaine dans son projet, qu’elle en devienne la face complice pour la rendre plus pragmatique.

En effet, qu’il s’agisse de partenariats économiques ou d’échanges socioculturels, ce sont d’abord les lois que nous votons dans nos assemblées respectives qui les découragent avant les barrières géographiques, ou linguistiques. La diplomatie parlementaire pourrait donc aider l’intégration africaine si les parlementaires du continent parvenaient, dans ce cadre, à promouvoir une dynamique de mise en place de lois susceptibles de débrider le cadre législatif de nos échanges.

Monsieur le président,

Mon vœu d’ensemble dans l’optique de la diplomatie parlementaire continentale consiste à penser que tout doit converger vers la nécessité de fédérer nos problèmes pour en avoir une large appréhension. Mais tout devrait tendre également vers la fédération de nos résolutions à ces problèmes ; pour que nous puissions les résoudre toujours déjà à l’échelle de leur ampleur  continentale et non suivant des logiques domestiques qui ne garantissent que des réponses partielles. Une telle vision de la diplomatie parlementaire devrait conduire les pays africains vers une « assumassions » collection de leur destin.

En effet, il me semble que le temps est dépassé où il fallait rendre les autres responsables de tous nos échecs, de toutes nos erreurs et de tous nos maux. L’Afrique, même lorsqu’elle serait trahie, malmenée, exclue et marginalisée, ne peut attendre d’autrui les changements internes et les corrections de ces échecs. Cette responsabilité doit dorénavant être la sienne.

Tout en réitérant la profonde considération fraternelle du peuple gabonais à l’égard de ce pays frère, je voudrais souhaiter au nom de l’Assemblée nationale du Gabon plein succès à vos travaux. Vive la coopération parlementaire Gabon/Niger.

Je vous remercie de votre aimable attention.
 

Publié le : 07 / 02 / 2014