Le Palais Léon Mba a servi de cadre hier à la cérémonie officielle d’ouverture de la première session ordinaire de l’année 2026 dite session des lois, la première de la XIVᵉ Législature sous la VIᵉ République. Une cérémonie solennelle présidée par le Président de la Représentation nationale, Michel Régis ONANGA M. NDIAYE, marquant ainsi, le démarrage effectif des travaux parlementaires pour une durée de 4 mois.
L’événement s’est tenu, en présence de plusieurs hautes autorités de la République. Parmi elles, le Premier Vice-président du Gouvernement, Herman IMMONGAULT, accompagné des membres du Gouvernement, de plusieurs anciens Présidents de l’Assemblée nationale, des Représentants du Corps diplomatique accrédités au Gabon, du personnel administratif de l’institution et d’un public venu nombreux.
Dans son allocution, résolument tournée vers les enjeux sociaux, le Président de l’Assemblée nationale a salué la mise en place par le Gouvernement du nouveau système intégré de gestion des finances publiques, qu’il a présenté comme une rupture avec les pratiques traditionnelles, au profit d’une gouvernance alliant sécurité et transparence dans la gestion des deniers publics.
Il a, par ailleurs, invité l’Exécutif à accélérer la mise en œuvre des réformes structurantes et la réalisation des chantiers prioritaires, tout en rappelant le rôle central du Parlement dans la consolidation de l’État de droit et le renforcement de la gouvernance démocratique.
« Notre rôle de Représentants du peuple nous commande de rappeler, avec responsabilité et fermeté, les attentes pressantes de nos concitoyens. La situation de notre pays est préoccupante à plus d’un titre et interpelle l’ensemble des institutions », a-t-il déclaré.
Le Président ONANGA M. NDIAYE en a profité pour dresser un tableau sans détour des difficultés persistantes des gabonais, notamment la cherté de la vie, le chômage endémique, les inégalités sociales, le déséquilibre territorial, les difficultés d’accès aux soins, l’accueil décrié des patients dans les structures hospitalières, l’insécurité croissante, l’état préoccupant du réseau routier ainsi que les retards récurrents dans le paiement des bourses.
Abordant la question des coupures récurrentes d’eau et d’électricité, le Patron de la Représentation nationale a déploré une situation qu’il juge préjudiciable aux ménages comme aux entreprises. C’est pourquoi, il a exhorté le Gouvernement à prendre des mesures fortes,
immédiates et durables afin d’y mettre un terme définitif, tout en réaffirmant la disponibilité de l’Institution qu’il dirige à accompagner les réformes nécessaires dans l’intérêt exclusif du peuple gabonais.
S’agissant du débat relatif à la suspension des réseaux sociaux, l’Assemblée nationale, par la voix de son Président, s’est félicitée de l’adoption par l’Exécutif du projet d’ordonnance encadrant leur usage en République gabonaise.
Revenant sur la récente grève dans le secteur éducatif, le Président ONANGA M. NDIAYE a tenu à clarifier l’initiative du Bureau de l’Assemblée nationale ayant conduit à des échanges avec les quarante-six syndicats dudit secteur, tout en précisant que « cette démarche n’avait aucune visée concurrentielle vis-à-vis du Gouvernement, mais relevait exclusivement de la préoccupation pour l’avenir des enfants et la qualité du système éducatif », saluant au passage l’esprit de responsabilité et de patriotisme dont ont fait preuve certains acteurs syndicaux.
La session des lois qui s’ouvre sera marquée par l’examen et l’adoption de plusieurs textes majeurs touchant aux différents pans de la société gabonaise. Conscient des attentes suscitées, le Président de l’Assemblée nationale a invité ses Collègues députés à faire preuve de discipline, d’assiduité, de rigueur et d’un sens élevé de l’intérêt supérieur de la Nation « chacune des décisions que nous prenons, chacune des interventions que nous formulons, ici comme à l’extérieur de cette enceinte, doit être exclusivement inspirée par la sauvegarde et la promotion des intérêts supérieurs de notre institution », a-t-il conclu, appelant ces derniers à davantage d’initiatives tout au long de cette législature.
Par Julien LEPACKA
Sylvain MANGANGA MOUNGUENGUI/ Christian MOMBO.